RENCONTRE AVEC CÉDRIC BELBEOC'H

Fils de Patrice Belbeoc'h, Cédric est une figure historique des teams Exocet et XO Sails, un jeune homme passionné qui marche dans les pas de son père en apportant sa touche et sa personnalité. Rencontre...

Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Comment as-tu découvert le windsurf, qu'est-ce qui te plait dans la discipline des vagues et du slalom ?

J'ai 19 ans, je suis actuellement étudiant en alternance à l'IUT de Brest dans le domaine du Génie Mécanique et Productique. J'ai découvert le windsurf à l'âge de 4 ans au fond de la rade de Brest avec une voile de 0,9 m². J'ai immédiatement accroché et j'ai pu évoluer grâce au fait que nous avons toujours habité à proximité de la mer et grâce aux conseils de mon père. J'évolue plus dans la discipline du slalom que des vagues dû au fait que mon terrain de jeu propice à la pratique du slalom, la rade de Brest, est à quelques minutes de chez moi. Ce plan d'eau offre un panel de conditions assez incroyable, allant du vent offshore avec une mer relativement plate, à un vent de mer qui peut révéler un plan d'eau très agité. Les sensations de vitesse et de limites du contrôle que l'on peut avoir en slalom est quelque chose que je ne retrouve dans aucune autre discipline et qui révèle toute la sportivité et la technicité du windsurf. La rade de Brest a aussi son panel de très bons slalomeurs avec qui c'est toujours un plaisir de naviguer et qui présentent tous des styles de navigation et des points forts très différents.

En tant que team rider Exocet et XO Sails, et fils également de Patrice,
quelle est ton implication dans le développement des marques ?

J'adore développer le matériel avec mon père et les autres teams riders. Mon père m'a appris l'essentiel en ce qui concerne le développement, notamment sur ce à quoi il faut faire attention en navigant et ensuite réussir à traduire cela par un réglage à effectuer sur la planche et/ou la voile. Je pense que le plus difficile lors du développement du matériel est d'aboutir à un produit qui puisse être apprécié et utilisé par des personnes ayant des gabarits et des styles de navigation totalement différents. Il faut également prendre en compte que certains concepts comme le foil ou les flotteurs de light wind, comme notre RS8, doivent être conçus pour exceller dans des conditions très précises et il faut donc faire attention de ne pas déborder du contexte. Le développement du foil me passionne énormément et est totalement différent de ce que j'ai pu faire jusque maintenant ; je pense qu'il y a un gros potentiel dans notre concept en ce qui concerne l'accessibilité même si l'on est encore qu'au début de l'expérience foil. Le développement n'est pas quelque chose que l'on apprend du jour au lendemain, ça demande beaucoup d'expérience et de temps passé sur l'eau. Mes études m'apprenant l'essentiel de la mécanique et la dynamique des corps solides, je remarque maintenant toute la technicité du développement du matériel de windsurf et me donne encore plus envie de m'impliquer dedans.

Tu participeras bientôt au Défi Wind, une épreuve dans laquelle tu t'es déjà distingué par le passé en jeunes,
qu'est-ce qui te plait dans ce type d'événement alors que tu ne fais pas de compétition le reste du temps ?

Le Défi Wind est un évènement auquel je participe chaque année depuis 2008 et que je ne raterais pour rien au monde. Ce qui me plait particulièrement sur cet évènement c'est l'ambiance présente sur l'eau et à terre et j'ai toujours du mal à imaginer comment l'organisation d'un tel évènement est possible. Il y a aussi le spot qui est tout simplement incroyable pour le slalom, même si avec plus de 1000 personnes autour de toi le plan d'eau est totalement différent que lorsque l'on navigue seul. J'apprécie la difficulté et le challenge que l'on retrouve sur cet évènement ; il y a déjà le combat contre les conditions parfois dantesque qui est compliqué, mais aussi la bataille avec les autres jeunes avec qui je n'ai pas l'habitude de naviguer. Je ne fais pas d'autre compétition dans l'année parce que mon emploi du temps me le permet tout simplement pas et aussi parce que je ne suis pas un adepte du format downwind que l'on trouve sur les étapes de slalom.